IM 70.3 Mooloolaba 2016, c’est parti pour PYT : before race !

BySylvain Pigeau

Grenouille Pierre-Yves Teycheney s’est brillamment qualifié pour les championnats du monde 70.3 qui auront lieu à Mooloolaba en Australie le 4 septembre prochain.

Voici le récit de ses aventures dans l’hémisphère sud !

Epilogue

Le décor Ironman a totalement disparu de la ville ce matin, comme par magie. Une fois levé le sortilège et rhabillés les triathlètes, la vraie vie reprend ses droits et Mooloolaba ressemble à ce qu’elle est : une station balnéaire tranquille, avec des familles paisiblement attablées aux terrasses du front de mer. La foule a disparu, les voix des speakers se sont tues et même le soleil a en partie plié bagages : la fête est finie. Enfin presque.

Après une petite nuit d’un sommeil très profond, je m’offre un footing de décrassage de 20 minutes. Les jambes sont un peu lourdes, mais globalement ça va plutôt bien, preuve que la prépa a été bonne. Quelques triathlètes font tourner les jambes à vélo, et eux aussi ont l’air d’avoir bien digéré leur journée d’hier.

A 11h, sous l’immense chapiteau dressé à deux pas de mon futur ex chez moi se tient la cérémonie de remise des prix et le traditionnel « banquet of champions ». L’occasion d’ovationner les cinq premiers de chacun des groupes d’âge, et de constater que cette année, l’épreuve tenait pas mal du championnat d’Australie : les podiums sont trustés par les australiens, et un seul français est au palmarès (dans ma caté d’ailleurs). Cette cérémonie est également l’occasion de mesurer à quel point ça va vite à ce niveau, et à quel point l’esprit de combat est increvable : la victoire dans le groupe d’âge masculin 70-74 ans s’est jouée à 2 secondes, comme chez les pros masculins. Le show à l’américaine est un peu excessif à mon goût, mais je trouve épatant qu’autant de participants aient fait l’effort de venir féliciter les meilleurs d’entre nous.

Un bon bilan sur cette aventure australienne

Le bilan de cette aventure australienne est globalement positif. Disputer une épreuve de cette envergure est toujours une expérience enrichissante dont il faut tirer des enseignements, principalement concernant les erreurs à ne pas commettre. Je sais que j’ai pêché par excès de prudence à vélo, que j’aurais dû et pu me renter dedans sur cette partie de l’épreuve. Je sais que mes transitions ont été lamentables et je sais pourquoi. On apprend toujours de ses erreurs, il ne faut donc pas avoir peur d’en commettre mais il faut tout faire pour ne pas les reproduire. Même à l’heure où le corps aspire au repos, la petite flamme continue de brûler, bien entretenue par les discussions avec les autres athlètes. Au fond, tout le monde n’a qu’une seule idée : remettre ça, en faisant mieux. Moi comme les autres.

Dans l’immédiat, mon programme est axé sur le repos et l’indispensable résolution de pépins physiques, dont j’espère qu’ils pourront être résolus. Retour en Guadeloupe le 20 septembre avec en point de mire, je l’espère, les coupes des clubs de duathlon et de triathlon.

Dans le générique de fin de cette saga antipodiste, toutes celles et ceux qui m’ont encouragé par un mail, un coup de fil pendant cette prépa compliquée puis pendant la compétition, qui n’imaginent pas à quel point ce soutien est précieux. Toutes celles et ceux qui ont vibré avec moi pendant cette course, à distance. Tous ceux qui m’ont permis d’être au départ, en prenant soin de ma carcasse un peu usée avec, comme toujours, des remerciements super spéciaux pour Fred : merci pour les séances de récup, les réparations multiples et le soutien moral dans les moments de doute. Et celui sans lequel je n’aurais jamais pu être prêt, et grâce auquel je pense avoir fait quelques progrès : merci Sylvain, thank you mate !

[that’s all, folks!]

Pierre-Yves finished

Pierre-Yves finished


Episode 12 à lire en cliquant ici. 


Episode 11

Les prévisions météo avaient vu juste : ce matin, il pleut, les routes sont mouillées et il va donc me falloir salir mon vélo pour l’ultime séance avant la course de demain. Pour des raisons d’intendance et fidèle en cela à mon caractère solitaire, je décide de mettre le vélo dans la voiture afin de faire ma séance loin de la meute qui a de nouveau envahi l’asphalte de la ville. Je me pose en pleine campagne, sur une portion du parcours vélo et c’est parti pour une piqûre de rappel. Objectif de la séance à J-1 : réveiller l’organisme. Une heure de vélo avec 3 sprints plein pétrole, comme dirait un prince de la petite reine de nos amis, terminée par 5 minutes allure course avant d’enchaîner avec 15 mn à pied dont les deux premiers kilomètres sont courus à allure soutenue (4 :10 / 4 :15). La bête a du mal à se réveiller, mais les sprints la décoincent et l’enchaînement est mené tambour battant. Même si j’ai toujours le plus grand mal à évaluer mon état de forme, malgré mon rhume persistant qui me fait tousser comme un tuberculeux, j’ai l’impression que ça va, et je me sens sur les rails, bien réveillé. De toute façon, maintenant, je ne changerai pas le jeu que j’ai en main, et c’est donc à moi d’en faire le meilleur usage, quinte flush plutôt que quinte de toux.

Derniers réglages

Sur cette route de forêt, le bruit de dynamo des triathlètes à roues lenticulaire signale leur arrivée bien avant qu’ils n’émergent d’entre les arbres. Eux aussi procèdent à d’ultimes réglages et tentent sans doute ainsi de se rassurer, de gagner en confiance. Sur la route du retour, plus je me rapproche du centre de Mooloolaba et plus ils sont nombreux. Un groupe de coureurs apparait, qui eux aussi font leur dernière séance à pied, suivis de près par une blonde sculpturale moulée dans sa tri fonction deux pièces déroulant une foulée elle aussi impeccable.

Douché, rasé et vêtu de sec, je prépare tranquillement mon paquetage. J’étiquette mes sacs de transition, les remplis en cochant la liste préparée à l’avance : chaussures, chaussettes, manchons de compression, lunettes de soleil, ravito solide et liquide, ceinture et dossard, GPS et consorts gagnent leurs sacs respectifs. Je vérifie le serrage des vis de mon vélo, le contenu du kit de réparation et je pars déposer le tout dans les zones de transition. Au carrefour situé juste en bas de chez moi, j’aperçois Emily et Margot, la deuxième moitié de mon support team australien, tout sourires. Elles sont venues pour le week end afin de m’encourager. Deux sœurs jumelles, anciennes rameuses de haut niveau avec lesquelles j’ai partagé pas mal de moments forts. Vingt ans plus tard, elles sont présentes, fidèles au poste.

Le parc à vélo est impressionnant, de même que le matériel qui y est entreposé. Organisation Ironman oblige, tout est parfaitement signalé. Je repère le numéro des racks sur lesquels je suspends chacun de mes sacs de transition, en espérant m’en souvenir dans le feu de l’action demain matin. Je note que l’écrasante majorité des concurrents a choisi l’option chaussures de vélo dans le sac, et non clipées sur les pédales, et je fais exactement le même choix puisque mon emplacement vélo se trouve quasiment à la sortie du parc.

Veillée d’armes

Une bonne plâtrée de pâtes et de poulet en guise de déjeuner, une petite sieste, deux heures à bavarder avec les copains et l’après-midi touche déjà sa fin. Arrive rapidement l’heure du dîner, dont le menu bégaie celui du déjeuner. Dernières ablutions, pose des numéros sur les avant-bras, comme aux plus belles heures des décalcomanies de mon enfance, et c’est l’heure de l’extinction des feux.

Voilà ça y est, j’y suis : la route depuis ce 20 mars à San Juan a plus souvent ressemblé à un chemin de croix qu’à une partie de campagne, mais elle a fini par mener ici, à Mooloolaba, la veille d’un championnat du monde de 70.3

Que la fête commence !

Paquetage


Episode 10

Vendredi, jour de poisson, de repos et de briefing.

La journée commence par un thé au miel bien chaud et un jus d’orange bien frais. Au bout d’un fil tiré sur 20 000 kilomètres, la voix rassurante de Sylvain me donne d’ultimes conseils pour cette dernière ligne droite. On discute de tout et de rien, et ça fait un bien fou. Petit déj bien copieux, préparation du biberon de maltodextrine qui va m’accompagner toute la matinée, un peu de correspondance puis je file faire moi aussi quelques emplettes chez Ironman, histoire de vérifier que même chauffée à blanc, une carte bancaire ne fond pas. Ensuite vient l’heure du briefing en version bilingue (espagnol et français). La salle du Mooloolaba Surf Club est bondée, et les hispanophones surclassent largement en nombre les francophones, avec beaucoup de sud-américains. Dans un coin de la salle, avant le début du briefing, une équipe de la télévision locale interviewe quelques stars du triathlon.

L’explication de texte est exhaustive, de laquelle on retiendra que le parcours natation est simple comme tout (750m dans un sens, on vire à la bouée rose, on nage 100m en ligne droite puis on vire de nouveau à une bouée rose et on rentre en faisant un léger détour). Le départ du vélo est un peu plus compliqué, avec un demi-tour au bout de 200m puis un parcours en deux parties distinctes, l’une roulante et rapide, l’autre vallonnée et plus méchante : c’est sur celle-là qu’on va ramasser les cadavres. Deux boucles en course à pied, avec des faux plats et une bosse de 400m à l’aller et au retour de chacune des boucles. Bref, un menu consistant. Les organisateurs mettent l’accent sur le respect strict des règles en matière de drafting : respect des distances, interdiction e se caler derrière un concurrent lorsqu’on se fait doubler, et gare aux cartons bleus et jaunes synonymes de pénalité. Au pays d’Ironman, on ne badine pas avec le règlement.

En milieu d’après-midi a lieu la traditionnelle parade des athlètes rangés par nationalité derrière leurs drapeaux respectifs. Défilé très bon enfant qui s’achève sur la plage, devant la mer démontée par un vent très soutenu plus propice à la pratique de la planche à voile qu’à celle de la natation en mer. Espérons que les conditions météo seront plus clémentes dimanche !

Et le soir, sous l’immense chapiteau dressé à deux pas de chez moi se déroule le welcome banquet. Plus de 3000 convives assis par tables de 8, show à l’américaine avec un speaker qui tient du chauffeur de salle, du prédicateur et du vendeur d’aspirateurs, message enregistré de quelques gros calibres (Daniela Ryf, Luke McKenzie, Craig Alexander, Sebastian Kienle) and the icing on the cake : Mark Allen, en chair et en os. De quoi gonfler à bloc le moral des gladiateurs qui s’élanceront dimanche matin dans les eaux et sur les routes de Mooloolaba en quête de performance, d’absolu et/ou de dépassement de soi.


Episode 9

Le cirque a ouvert ses portes ce matin à 9 heures. Entendez par là le « village » Ironman et le retrait des dossards. J’y débarque à 10 heures et je n’en reviens pas : c’est absolument bondé. Une heure de queue pour payer le moindre achat à la boutique Ironman qui est en train d’être littéralement dévalisée, et bien davantage pour retirer son dossard. J’opère donc un retrait stratégique et rentre me mettre au calme sur mon Olympe, puis je pars courir 45mn avec pour seul programme un peu de VMA courte, histoire de réveiller la bête qui sommeille profondément en moi. Je me sens lourd et fatigué par le foutu rhume que je traine depuis mon arrivée – fruit vénéneux de la climatisation des avions et des aéroports et du vent froid qui souffle sur la côte du Queensland à cette époque de l’année. Je croise peu de coureurs, mais des cohortes de triathlètes à vélo se suivent sur la route, au volant de leurs vaisseaux spatiaux intergalactiques et sous un ciel pas mal nuageux.

jour de repos à J-2

Déjeuner avalé et sieste règlementaire effectuée, je pars affronter la meute et retirer à mon tour mon dossard. Les choses se sont passablement calmées depuis le matin, mais je fais tout de même une heure de queue pour parvenir jusqu’à deux types rigolards qui me remettent ma panoplie : sac moche, puce, dossard, étiquettes à coller un peu partout (sur le casque, sur les sacs de transition, sur ma pompe à vélo), prospectus divers, variés et inutiles vite balancés dans la première poubelle, et même une canette de Red Bull dont je ne sais trop quoi faire –mais sûrement pas l’avaler car ce machin tient davantage de la chimie de synthèse que de l’élixir de jouvence. Dans la file, les gens discutent, sans nécessairement se connaitre. Tous ou presque sont habillés par Ironman. J’ai pour ma part opté pour le style corporate et porte fièrement mon T-shirt Grenouilles Bleues ! Devant moi, une des nombreuses triathlètes chiliennes engage la conversation avec une de ses collègues allemandes, et l’épate en lui parlant de ses 13 heures de décalage horaire. Si elle savait que les antillais en ont 14 dans les jambes… Elle lui décrit l’épreuve sur laquelle elle s’est qualifiée, au Chili, dont la partie course à pied a l’air assez saignante, pendant que son mari va gentiment lui acheter un porte bidon aéro pour remplacer le sien qui est cassé. Il y a en effet pas mal de couples de triathlètes, mais également des couples dont seul un des deux conjoints fait partie de la secte des fondus enchaînés … à leurs vélos. Pendant ce temps, un speaker amuse la galerie pour nous faire patienter et nous annonce que nous sommes 3000 concurrents provenant de 80 pays. C’est moins qu’à l’ONU mais plus qu’au sprint de Vieux Bourg. Muni des sacrements d’Ironman, je regagne tranquillement mes pénates en longeant l’ensemble des installations désormais prêtes : immense tente posée sur la plage, dans laquelle nous transiterons avant de gagner les sas de départ, parc à vélo taille XXL, zones de transition T1 et T2. Tout ce décorum met petit à petit dans l’ambiance et fait gentiment monter la pression. Les morceaux épars du mental commencent eux aussi à se mettre en place, inconsciemment. La mue est en marche, et mon petit doigt me dit qu’à son terme, lorsque je sortirai de ma chrysalide dimanche matin, je serai transformé en otarie échouée sur la plage de Mooloolaba


Episode 8

Difficile de concevoir un jour de printemps dans le Queensland qui ne soit baigné d’un soleil radieux. Et pourtant ce matin, les nuages se sont grossièrement invités dans le ciel, sans même avoir à se qualifier. Je me demande même s’il ne va pas se mettre à pleuvoir, mais non. Aucune excuse pour ne pas aller rouler. Au menu, ma dernière grosse sortie de la prépa : 3h avec deux blocs de 20mn allure course.

Passés la rituelle séance de gainage et les non moins rituels verre de jus d’orange et bol de céréale, je prépare le vélo, les bidons et le bonhomme, et j’enfourche mon fier destrier à l’heure à laquelle je débuterai mon parcours vélo dimanche, soit 8h. Je bénis la veste achetée hier, qui s’avère impeccable et parfaitement adaptée aux conditions météo. Je tourne les jambes, et les sensations –ces sacro saintes sensations qui tiennent du mantra pour tout triathlète- sont globalement bonnes, sauf quand ça monte raide. La densité de triathlètes –généralement couchés sur leurs machines- a notablement augmenté depuis le début de la semaine. Chacun se teste sur le parcours, effectue d’ultimes réglages et tente de prendre des repères. Certains font un salut amical et un sourire quand ils me croisent, d’autres me suivent du regard pour me jauger : me prendraient ils eux aussi pour Ludovic Turpin ?

Je croise énormément de vélos de folie, et j’ai comme toujours du mal à faire la part du matériel réellement adapté aux athlètes de celle des engins destinés à flatter son ego et à impressionner la concurrence. En tout cas, beaucoup de roues lenticulaires, qui génèrent en roulant un bruit de dynamo tout à fait enchanteur. Dira t’on jamais assez à quel point la mélodie du vélo (roues à jantes large, roues libres) peut s’avérer addictive… Passé mon deuxième bloc, je prends la route du retour, le vent dans le dos. Filer sans effort, le rêve !

L’organisation est en place

Alerte à Malibuloolaba

Sur le front de mer, les barrières métalliques ont continué à pousser, les bannières flottent au vent et les triathlètes courent comme des lapins. La signalétique est en place et le baiser du prince Ironman a transformé une paisible station balnéaire en éphémère capitale mondiale du triathlon. Chacun porte fièrement le T shirt d’une des épreuves qu’il a disputé, comme un signe tribal ou comme le symptôme d’un besoin éperdu de reconnaissance.

Plâtrée de riz, œufs durs, myrtilles géantes, sieste. Puis direction la plage en compagnie de Mathilde pour aller nager un coup. Ma combi magique me protège du froid et me porte sur l’eau : vive le néoprène Yamamoto ! A la sortie de l’eau, pas question de s’éplucher et de risquer de prendre froid. C’est donc bien emballés et bonnet sur la tête que nous traversons les terrasses des restaurants et des cafés pour rentrer nous mettre sous une douche chaude, déclenchant quelques regards éberlués et pas mal de rigolade parmi les gens que nous croisons.

Entrer dans sa bulle

Encore une journée de rêve : faire du sport, manger, dormir, qu’imaginer de mieux ? Parenthèse enchantée d’ultra privilégié, j’en ai parfaitement conscience. Loin du tumulte, de la violence et de la misère, je vis dans une ville un peu fictive parmi des gens qui ont décidé que rien n’était plus important que le combat singulier que nous livrerons dimanche contre d’autres passionnés mais surtout contre nous-mêmes. Même si rien de cela n’est vital pour personne, nous avons tous consacrés une part importante de nos existences à notre préparation, et nous avons à cœur de nous dépasser. Et de dépasser les autres… A l’intérieur de la bulle que construit Ironman dans cette ville, chacun construit la sienne et peu à peu se coupe de tout pour se concentrer sur sa course. Un moment d’égoïsme pur, très agréable car très temporaire.

[à suivre]


Episode 7

Comme les comédiens, il arrive que les triathlètes fassent relâche, et c’est exactement ce qui m’arrive aujourd’hui.

Je commence donc par me lever tard (6h30) et feuilleter journaux et magazines -dont Triathlon Sport Magazine, l’équivalent australien de Triathlète Magazine. La baie vitrée de la terrasse est grande ouverte et laisse entrer le soleil, le bruit des vagues et du trafic. J’ai branché la radio sur ABC Jazz et je prépare mon petit déjeuner, que je prends ensuite en plein soleil, tout en dévorant les 40 dernières pages de « Barracuda », un roman qui raconte la déchéance et la rédemption d’un espoir de la natation australienne. En contrebas, le ballet des triathlètes qui s’entrainent à vélo ou à pied a commencé depuis un bon moment. Sans moi les gars, aujourd’hui c’est vacance.

Mathilde Batailler également de la partie

14191331_10154596606436055_1625476709_oJe file au magasin d’articles de triathlon de Mooolaba Esplanade. Alors que j’attends sagement que le petit bonhomme vert du passage piéton m’autorise à traverser la rue, je tombe sur notre voisine martiniquaise, Mathilde Batailler, qui rentre de sa sortie vélo. Il se trouve qu’on avait rendez vous pour déjeuner ensemble aujourd’hui, mais quand même. Je poursuis mon chemin, et ô miracle, trouve chez Dare-2-tri et achète incontinent le haut de tenue vélo qui va me sauver le l’hypothermie dimanche. Voyons y un signe.

Une demi heure plus tard, ma sauce tomate mijote sur un air de jazz (faire revenir 2 gousses d’ail coupées en petits morceaux et une dizaines de filets d’anchois dans un peu d’huile d’olive, y rajouter un oignon coupé en dés puis, une fois ceux-ci bien dorés, 4 tomates coupées elles aussi en dés; saler, poivrer et laisser mijoter à feu doux; rajouter une bonne dose de basilic frais au moment de servir). Mathilde arrive et on discute de triathlon, de voyages, de copains communs avant de passer à table. Malgré le basilic frais, la salade de tomates est très moyenne, mais le saumon de Tasmanie et les casarecce à la sauce tomate maison sont bonnes, de même que les fraises. L’après midi s’envole en un clin d’œil et le soir se pose. Mathilde est partie, le jazz continue de couler et les lumières de la ville tremblotent dans la nuit, tandis que les triathlètes sont depuis longtemps descendus de leurs vélos.

Une journée de repos sert à ça : laisser le temps filer, relâcher la pression pour mieux l’apprivoiser, observer le monde en mouvement et laisser les choses se mettre en place calmement dans sa tête, pour repartir de plus belle.

[à suivre]


Episode 6

Tous les matins, depuis quelques jours, la baie fleurit d’otaries comme les près de jonquilles à pareille époque sous ces latitudes. Pas très joueuses, elles se contentent de faire des allers-retours sur un parcours parallèle à la plage, coiffées de bonnets multicolores et chaussées de lunettes de natation. Vous aurez compris que c’est de triathlètes en combi dont il est question. C’est décidé, ce matin je revêts moi aussi mon costume d’otarie et me joins à la meute, histoire de tester le parcours natation.

J’ai rendez vous avec Julia à 8h30 devant le Mooloolaba Surf Club. Julia, vous savez, la jeune autrichienne rencontrée hier à vélo. Julia, qui a un peu les jetons depuis qu’elle a appris que la plage est protégée des requins par des filets -on voit bien qu’elle ne connait pas les grenouilles bleues guadeloupéennes, autrement redoutables. Julia enfin, qui a l’habitude de nager dans un lac et n’a jamais nagé en mer.

20 degrés dans l’eau

Nous voilà harnachés comme il se doit, et on se met à l’eau. Première grosse vague et effet Fisherman Wharf garanti, en tout cas ça saisit les rognons et ça réveille d’un seul coup. Une fois passé ce choc thermique, l’effet combi rend la température très supportable. Et une fois passée la barre sur laquelle déferlent les vagues, le parcours s’avère calme. Je pense donc que ça va dépoter en natation dimanche. Deux kilomètres d’eau salée plus tard, on est de retour à notre point de départ. Douche (froide) sur la plage, puis douche (chaude) à la maison. Un gros bol de flocons d’avoine (moitié lait, moitié eau, 2mn plein pot au micro ondes, rajoutez une bonne pelletée de sucre brun, des raisins de Corinthe, et voilà!) pris sur la terrasse au soleil, 11 étages au dessus des vagues, une petite sieste et c’est l’heure d’aller tourner les jambes sur le parcours vélo, toujours venté et décidément vallonné. On dirait que Routes de Guadeloupe a obtenu un contrat d’entretien de certaines portions, car le bitume n’est vraiment pas terrible, mais dans l’ensemble ça va. J’imagine que la qualité de l’enrobé sera meilleure sur la partie autoroute, qu’il est hélas impossible de tester avant la course (car les autoroutes sont interdites aux vélos) sous peine de disqualification.

Dans Mooloolaba, on a commencé à poser des barrières le long de l’avenue que nous emprunterons dimanche au début du parcours vélo et à pied. Un camp d’immenses tentes blanches a surgi, qui préfigure le village Ironman, peuplé non de féroces indiens mais de marchands faisant commerce de toute sorte de choses plus ou moins utiles au triathlète. Bref, le grand cirque Ironman commence à envahir la ville, y répandant ses fauves qui se font les dents sur les parcours natation, vélo et course à pied.

[à suivre]


Episode 5

Le jour est en train de se lever et le soleil  ne va pas tarder à pointer au dessus de la barre de nuages posée sur l’horizon, tout au bout de la mer. Le bruit du ressac en contrebas, le chant des oiseaux moqueurs, le ciel bleu pâle ourlé d’orange au loin : une aube typiquement australienne. J’avale un bon earl grey brûlant pour chauffer la machine et c’est parti pour 20 minutes de gainage. Un bol de céréales très améliorées (cranberries, graines de tournesol, graines de courge, une bonne poignée d’amandes, des raisins de Corinthe) et imbibées de lait d’avoine et de jus d’orange (avec pulpe), puis une douche bien chaude et me voilà prêt à partir pour 3h30 de vélo. Au menu, la reconnaissance de la partie technique du parcours, que j’ai toujours du mal à situer exactement. Celles et ceux qui connaissent mon légendaire sens de l’orientation ne seront pas surpris.

Me voila donc parti sur Moolooalaba Avenue. Parvenu à Alexandra Headlands, j’avise une robuste demoiselle solidement juchée sur un vélo chrono. Je prends sa roue en me disant qu’elle doit connaitre le chemin et va donc me mener hardiment vers cette foutue partie du parcours que je ne parviens pas à situer. Cela va s’avérer en partie exact, puisque la gretchen, qui  est autrichienne et très sympathique, sait à peu près par où passer. Comme je suis galant et qu’elle est balaise, je la laisse passer devant. Et prendre le vent.

Un parcours vélo sélectif

Nous parvenons en effet jusqu’à la boucle un peu compliquée qu’il va nous falloir emprunter dimanche. Et là, c’est le choc: en fait de « rolling hills », comme l’évoque poétiquement le blabla d’Ironman, il s’avère que le parcours est une succession de putains de bosses, dont une réplique à peu près exacte, mais plus longue, de celle de Matignon. Pas le galetas dévolu au premier de nos ministres, non, le seul, le vrai Matignon de Guadeloupe. Ceux qui ont déjà gravi à vélo cette monstruosité géologique comprendront. Nous aurons donc droit à une section à environ 20% qui va sans doute faire quelques victimes. Je pense notamment à la multitude de triathlètes équipés de roues lenticulaires, qui étaient déjà à la peine ce matin sur des pentes nettement moins méchantes. La suite de la boucle est également très exigeante, dans le genre montagnes russes. Le parcours vélo est donc composé de deux parties très différentes : une quarantaine de kilomètres très roulants, sur autoroute, avec vent latéral, puis un atelier boucherie sur le reste du parcours. Va y avoir du sang dans la sciure dimanche! Cette reconnaissance est en tout cas riche d’enseignements, et me convainc qu’il va falloir soigneusement gérer le vélo afin d’en garder sous la semelle pour la course à pied.

Après avoir fait deux fois le parcours et présumé de mon état de fraîcheur, je décide de couper la sortie et de rentrer, afin e ne pas trop taper dedans. Et bien  entendu, c’est à ce moment là que je me perds. Je me retrouve en train de monter une côte qui rappelle pas mal celle de Chalvet (laquelle constitue de mon point de vue le dernier clou sur le cercueil des participants à l’Embrunman), et je me dis après quelques kilomètres que je fais fausse route. Demi tour, et là, j’ai le sentiment de me trouver dans les Grands Fonds version australienne : un endroit maléfique duquel on ne ressort jamais. Je finis par atterrir à Nambour -donc assez loin de là où je devrais me trouver-,  à partir de laquelle je sais à peu près comment rentrer à Mooloolaba, moyennant encore des bosses et des bosses. Ce que je finis d’ailleurs par parvenir à faire. Ravi de retrouver mes pénates, je me rue sous la douche, j’engloutis une copieuse salade de pâtes que j’ai pris soi de préparer avant de partir, puis je m’offre une sieste royale, qui me retape d’ailleurs royalement.

Quarante minutes de footing en toute fin d’après midi, un dîner maison franchement pas mal (soupe carottes / gingembre, saumon de Tasmanie et riz basmati, fraises au sucre) qui conclut une quatrième journée rondement menée. Pas sûr que je sois aussi frais dans exactement une semaine, mais allez savoir…

[à suivre]


Épisode 4 de la saga « pyt down under ».

Aujourd’hui, relâche: pas de vélo, pas de natation, pas de course à pied. J’en ai donc profité pour donner rendez vous à Lien et Gay, qui ont été mes collègues au Queensland Agricultural Biotechnology Center et sont restées des amies, et à leurs conjoints respectifs. Nous nous voyons peu,  lorsque je viens en Australie c’est à dire pas très souvent. Nous nous envoyons des mails plus ou moins régulièrement, nous nous écrivons pour nous souhaiter la bonne année. Amitié contrainte par la distance, et pourtant solide, qui dure depuis maintenant près de 25 ans. Je trouve qu’elles n’ont pas changé, elles trouvent que je n’ai pas changé: l’amitié ignore les contingences du temps et l’objectivité, c’est ça qui est bien.

Une eau à moins de 20°

Nous déjeunons tous les cinq dans un café du bord de l’immense et très belle plage de Mooloolaba. Le repas n’est pas une expérience gastronomique inoubliable, mais peu importe. Nous nous baladons ensuite sur la plage ensoleillée et j’en profite pour faire quelques repérages. Je situe l’endroit où sera installée la zone de transition et je me fais une idée -encore un peu vague- du lieu du départ de la natation. L’eau est à 19.5°C aujourd’hui, ça devrait le faire avec la combi. En revanche, le fond de l’air est toujours aussi frais, et je commence à me demander si je ne vais pas avoir froid avec ma trifonction des tropiques. Si seulement la température extérieure pouvait monter en flèche d’ici dimanche prochain… Le changement climatique pourrait tout de même faire ça pour moi, il me semble!

De retour « chez moi », nous retrouvons au bas de l’immeuble les quatre lascars que nous avons vus partir rouler lorsque nous sommes nous mêmes partis déjeuner: vélos et casques ultra-profilés, roues lenticulaires, gros jambons et têtes de tueurs, ils ne sont pas là pour rigoler, les loulous.

[à suivre]


Épisode 3 de la saga « pyt down under ».

Une bonne nuit de 10h vous retape un bonhomme, et je me réveille vers 6h nettement plus frais que la veille au soir. Le soleil commence à inonder la mer dont les vagues forment à l’infini des paillettes argentées au gré du vent. Panorama de rêve, atténué par une température frisquette (un petit 14 degrés à vue de nez). Les australiens ayant une notion très relative de l’isolation thermique, même dans des villes comme Melbourne où il peut faire très froid, mon bel et grand appartement est plein de courants d’air vraiment pas chauds. C’est donc en version millefeuille (couches superposées de vêtements thermiques) que j’attaque la journée par 20mn de gainage. Un bol de céréales, du vent à 8 bars dans mes roues et me voilà parti pour 2 heures de vélo destinées à reconnaitre le parcours. Sauf que je ne sais absolument pas comment y accéder depuis mon chez moi d’emprunt. A peine sorti de l’ascenseur, je tombe sur un couple d’anglais eux aussi vélo à la main, qui partent justement reconnaitre le parcours. Je pars donc avec eux.

Un parcours à pied éxigeant

Pas mal de feux de circulation rendent la traversée de Mooloolaba puis d’Alexandra Heights un peu pénible. Puis nous arrivons à l’intersection à partir de laquelle le jour de la course nous sortirons de l’autoroute -bloquée pour nous ce jour là pour une première partie de course qui devrait s’avérer très roulante- pour emprunter la route 70, sur laquelle nous nous engageons donc. Et pour le coup, cette deuxième partie du parcours sera nettement moins roulante, pleine de bosses plus ou moins longues et plus ou moins casse patte. Cette partie du parcours en pleine campagne est l’occasion de retrouver les odeurs d’eucalyptus et de résineux, et aussi de prendre la mesure du vent vraiment pas chaud qui risque de nous gêner le jour de la course. Je teste quelques parties de relance sur lesquelles ils sera possible de faire monter le compteur, puis nous prenons le chemin du retour, après nous être égarés dans Maroochydore.

Alors que nous allons rentrer dans Alexandra Headlands, j’aperçois au loin une triathlète à vélo, porteuse d’une trifonction Kiwami aux couleurs françaises. Je la rejoins et engage la conversation avec elle et nous découvrons avec amusement que nous sommes presque voisins. Anne Christine Calvel est saint martinoise! C’est dûment munie de deux quaifs qu’elle est arrivée ici, avec déjà son slot en poche pour les mondiaux de 70.3 qui auront lieu à Chattanooga (Tennessee, États-Unis, avis aux amateurs). Elle est arrivée par la route Pacifique, et en a profité pour s’aligner sur un 15km à Los Angeles. Je pense qu’elle n’est pas venue à Mooloolaba pour beurrer les sandwiches! Rendez vous est pris pour rouler ensemble dimanche sur le parcours de la course.

Un déjeuner un peu tardif, une sieste et quelques courses de subsistance plus tard, et me voilà en fin d’après midi en train de courir pour une petite séance de VMA courte de 45mn sur le parcours de la course. Verdict : des bosses de toutes tailles, dont une belle à prendre deux fois (car on aura deux boucles à faire). Le soir se pose, je cours dans le crépuscule pour regagner mon chez moi. Douche, étirements, dîner, lecture et extinction des feux à 21h15.

Une bonne journée après (et avant) une bonne nuit, que demander de mieux?

[à suivre]


Episode 2 : le retour de l’enfant prodige

Jeudi 25 août 6h50, atterrissage en Australie. Après quelques heures de sommeil entre Séoul et Brisbane, imputables à la fée mélatonine, mon cerveau fonctionne enfin à plus de 10% de ses capacités. Passage de l’immigration entièrement automatisé, pas de fouille de mes bagages, l’arrivée se passe donc plutôt bien. Je récupère ma grosse voiture de location, j’y case mes bagages et me voilà parti en direction de Dutton Park, une des nombreuses banlieues de Brisbane, pour y voir des copains et prendre une bonne douche chez eux. Le temps de prendre un thé chaud sur leur terrasse, au milieu des eucalyptus et du chant moqueur des kookaburas et je repars 100 kilomètres plus au nord, sur la Sunshine Coast, à Mooloolaba.

Conduire en Australie, comme dans pas mal de pays anglo saxons, c’est retrouver la civilité au volant. Pas de furieux qui doublent en tout sens, pas de fous du volant qui se croient à Daytona. Les motards portent un casque et ne se faufilent pas entre les voitures.

Il fait un temps radieux et je retrouve ce ciel immense d’un bleu unique. Sortir de la ville qui s’étend sur des dizaines de kilomètres prend un petit moment, puis c’est la Bruce Higway, la route  de mes dimanche d’antan, celle qui me menait à Bribie Island et à ses plages alors désertes. J’ai vécu dans ce pays des années d’une joyeuse insouciance, occupées à plein temps et à parts égales par le sport et la recherche. Années bénies et longtemps regrettées. Je n’avais pas 30 ans et j’avais l’impression d’en avoir 15. Même si ce pays n’est aujourd’hui plus le mien, je m’y sens toujours un peu chez moi.

La route défile et avec elle des noms de lieux familiers: Calbooture, Glass House Mountains, Caloundra et enfin Mooloolaba. Station balnéaire sans charme particulier, au bord de mer hérissé d’immeubles d’appartements, elle est devenue un des hauts lieux du triathlon et s’apprête à vibrer le 4 septembre lors du premier championnat du monde de 70.3 jamais organisé dans cette partie du monde, toutes les précédentes éditions s’étant déroulées aux États-Unis ou en Europe. Une bannière le proclame, à l’entrée de la ville.

Je prends possession du lieu qui va être mon chez moi pendant une dizaine de jours: 120 mètres carrés lumineux, au 11e étage du Seaview Resort, face à la mer. Le panorama est grandiose, toute la baie d’un côté, les Glass House Mountains de l’autre. Je remonte mon vélo, je remplis le frigo et les placards de choses qui se mangent, je regarde l’horizon prendre une teinte orangée. Le crépuscule se pose, la mer devient noire, je dîne et à 20h30 la réalité s’évapore tandis que je m’effondre dans des draps frais, dans un vrai lit, enfin.

[à suivre]


Episode 1 : lost in translation

Le monde est une orange, dont les fuseaux horaires figurent les quartiers, que j’avale méthodiquement : 14 en 3 jours de voyage. Le prélude à mon aventure australienne s’écrit dans les airs, lancé à l’assaut des océans dans des aéronefs de gros calibre. Arrivé à Paris sous un ciel d’un bleu irréprochable, je marche dans la ville étrangement calme, qui profite encore de la torpeur estivale avant la cavalcade de la rentrée. Direction la piscine Montparnasse : la nuit a été courte et les longueurs dans l’eau chlorée sont un peu dures à avaler. Puis un nouveau vol de nuit me mène à Séoul, après quelques heures d’un mauvais sommeil aérien. Le temps s’est effacé, je vacille entre les cases du calendrier, plus vraiment hier et pas tout à fait demain, tombé entre les lattes des fuseaux horaires dans un ailleurs ouaté qui a perdu la consistance du réel. Je me douche, je me rase, puis j’observe le ballet des avions sur le tarmac en attendant la rame du métro aérien qui va me mener à destination, après un troisième et dernier vol de nuit.

Direction l’Australie

Voilà comment débute la dernière étape du chemin cahoteux vers ce championnat du monde Ironman 70.3. Avant cela, il y a eu quelques milliers de kilomètres à l’entrainement, avalés en solitaire mais guidés à distance par un génie bienveillant (merci Sylvain) et à domicile par notre Philippe Lucas local (merci Rémy), et accompagnés par le meilleur kiné du monde (merci Fred). Il y a eu beaucoup de vent sur les routes rôties de Grande Terre écumées en tous sens. Il y a eu, surtout, beaucoup d’incertitudes résultant de pépins physiques qui ont grandement perturbé cette prépa. Et puis il y a eu les coups de fil et les mails des copains, les encouragements de quelques bêlantes grenouilles, qui remontent le moral lorsqu’il défaille, remettent une pièce dans le juke box pour que la musique de l’effort ne s’interrompe pas. Bref, l’alchimie toujours très mystérieuse qui permet de tenir le cap, même par très gros temps, et qui explique que le type un peu vasouillard, là, affalé dans un fauteuil du salon Korean Airlines de l’aéroport de Séoul Incheon, est malgré tout bien décidé à jouer sa partition le 4 septembre.

A condition de pouvoir s’offrir d’ici là une bonne nuit de 12 heures dans un vrai lit…

[à suivre]


PYT dossard 844

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Aperture: 3.3Camera: COOLPIX S6800Iso: 125Orientation: 1
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